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La vision, les problèmes d’apprentissage et la dyslexie : Partie 1 et 2

Publication Date: 
Friday, August 21, 2015
Category: 
Author: 
Melançon, Carole, OD
Bastien, Yves, OD
Carmel Christiane, OD
Claudine Greendale, OD
Jean-Pierre Lagacé, OD, M.Sc.
Nathalie Mazur, OD
Frédéric Morin, OD
Geneviève Provost, OD
Marie-Claude Provost, OD
Margaret Ronis, OD
Volume: 
77
Number: 
2
Pages: 
18
L’article que nous souhaitons réfuter propose des conclusions quelque peu faussées de nombreuses évidences scientifiques car il s’appuie sur une revue partielle et partiale de la littérature scientifique. Malheureusement, un certain nombre de publications récentes démontrant l'efficacité de la rééducation visuelle ont été omises; en outre quelques-uns des articles en référence ont été cités avec des propos et conclusions autres que ceux des auteurs des dits articles. Les auteurs se sont largement inspirés des écrits de plusieurs organisations médicales américaines, ignorant ceux de leurs homologues optométriques. Selon les conclusions de cet article, l’intervention des optométristes auprès des enfants souffrant de dyslexie est inutile : on pourrait déduire à tort que les optométristes qui diagnostiquent et traitent les problèmes de vision liés aux difficultés scolaires offrent à leurs patients un traitement qui est sans fondement scientifique, et dont les résultats ne dépasseraient pas ceux d'un effet placebo. Ceci soulève des questions sérieuses qui ont des conséquences importantes. Pourtant, même une révision incomplète de la littérature aurait pu essayer d'équilibrer les positions; nous pensons que cela n'a pas été tenté, puisque l’article ne mentionne aucune référence qui soit contraire à leurs énoncés, même si un certain nombre d'articles récents à cet effet sont facilement disponibles. De plus, on y insinue que les optométristes qui font de la rééducation visuelle prétendent guérir la dyslexie. On y affirme aussi faussement que la population des dyslexiques n’a pas plus de problèmes oculovisuels que la population pédiatrique en général et que l’ensemble de cette pratique ne s’appuie pas sur des bases scientifiques. Nous prétendons le contraire et nous soutenons que l’éthique et le principe de précaution enjoignent à tout optométriste qui n’est pas à l’aise avec l’évaluation ou le traitement des problèmes visuels liés aux difficultés d’apprentissage de référer son patient à plus spécialisé que lui. Nous affirmons également que ces principes impliquent que les professionnels de santé ou d'éducation ne devraient pas priver un enfant d'une thérapie qui peut être bénéfique pour le motif que la validation scientifique est incomplète. Encore une fois, le principe de précaution dans le serment socratique parle haut et clair. Compte tenu de l’ampleur de la littérature scientifique, nous arguons qu’il serait de l’intérêt de tous que l’École d’optométrie de l’Université de Montréal s’ouvre à l’étude, à la recherche et à l’enseignement de champs de pratique au Québec.